Illustration générée par IA — Indies'Watt
Bon à savoir : information générale 2026. Votre situation fiscale personnelle peut varier — en cas de doute, consultez votre service des impôts.
Vous venez d'installer un kit solaire plug-and-play chez vous en Martinique ou en Guadeloupe, et une inquiétude vous traverse : faut-il déclarer aux impôts l'électricité que vos panneaux renvoient sur le réseau ? La réponse va sans doute vous soulager. Avec un kit DIY classique, dans la très grande majorité des cas, vous ne vendez rien du tout — donc vous n'avez ni revenu, ni impôt à déclarer. Et même si vous optez pour un vrai contrat de revente de surplus, la puissance modeste d'un kit (souvent bien en dessous de 3 kWc) vous place dans le régime d'exonération totale. Ce guide 2026 démèle simplement les deux situations, pour les Antilles où le réseau est géré par EDF SEI.
Le cas dominant du kit DIY : vous ne vendez rien (et ne déclarez rien)
La plupart des kits solaires plug-and-play aux Antilles fonctionnent en autoconsommation sans injection rémunérée. Concrètement : vous consommez ce que vous produisez en journée, et le petit surplus éventuel part sur le réseau — mais il est cédé gratuitement, pas vendu. C'est ce que formalise la CACSI (Convention d'AutoConsommation Sans Injection) auprès d'EDF SEI.
Conséquence fiscale limpide : pas de vente = pas de recette = rien à déclarer. Vous n'êtes pas producteur-vendeur d'électricité, vous êtes simplement un foyer qui réduit sa facture.
Si vous choisissez de vendre votre surplus : exonéré sous 3 kWc
Certains foyers préfèrent un vrai contrat de vente du surplus. Dans ce cas, EDF SEI vous rachète le surplus injecté, et ces sommes sont, en théorie, un revenu. Bonne nouvelle : la loi (article 35 ter du Code général des impôts) exonère totalement d'impôt sur le revenu les installations qui respectent trois conditions cumulatives : puissance ≤ 3 kWc, raccordement en deux points au maximum, et usage non professionnel. Or un kit DIY dépasse rarement 3 kWc — vous restez donc, dans l'immense majorité des cas, sous le seuil d'exonération : ni impôt sur le revenu, ni prélèvements sociaux.
Comment déclarer (oui, même quand c'est exonéré)
- Kit en CACSI sans injection : rien à faire, aucune ligne à remplir.
- Kit avec vente de surplus, ≤ 3 kWc : reportez le montant reçu d'EDF SEI dans la rubrique des revenus exonérés liés à la vente d'électricité photovoltaïque, sur le formulaire 2042-C-PRO. Vous ne payez rien.
Gardez le justificatif annuel de versement d'EDF SEI : il vous donne le montant exact.
Les rares cas où un particulier finit par payer
- Une même installation dépasse 3 kWc. Le seuil s'apprécie par installation (les modules raccordés en un même point), sans addition entre installations distinctes : l'administration ne « fait pas masse des puissances ». Si une seule installation franchit 3 kWc, ses revenus passent au micro-BIC (abattement de 71 %, avec un minimum de 305 €, donc 29 % imposable + 17,2 % de prélèvements sociaux).
- Plus de deux installations (ou plus de deux points de raccordement). L'exonération est limitée aux revenus de deux installations au maximum, chacune ≤ 3 kWc.
- Usage professionnel. Si l'installation alimente une activité professionnelle, le régime change entièrement.
Pour un usage résidentiel avec un ou deux kits, vous restez quasi systématiquement dans la zone exonérée.
Subtilité locale : si vous basculez malgré tout dans l'imposable (au-delà de 3 kWc), votre impôt sur le revenu profite de la réfaction outre-mer de 30 % (plafonnée à 2 450 €) en Martinique et Guadeloupe. Les prélèvements sociaux de 17,2 %, eux, sont identiques à l'Hexagone.
Kit DIY vs installation classique : qui déclare quoi ?
| Situation | Vente de surplus ? | Impôt sur le revenu | À déclarer ? |
|---|---|---|---|
| Kit DIY en CACSI sans injection | Non (cédé gratuitement) | Aucun | Rien |
| Kit DIY avec vente, ≤ 3 kWc | Oui | Exonéré | Oui, en revenu exonéré (info) |
| Installation toiture > 3 kWc | Oui | Micro-BIC (29 % imposable) | Oui, micro-BIC |
Aux Antilles, c'est EDF SEI (jamais Enedis)
📌 Rappel utile : aux Antilles françaises, le gestionnaire du réseau électrique s'appelle EDF SEI (Systèmes Énergétiques Insulaires) — l'équivalent local d'Enedis, qui n'opère qu'dans l'Hexagone. Votre CACSI, votre éventuel contrat de revente et vos versements passent donc par EDF SEI Martinique ou EDF SEI Guadeloupe.
Côté fiscalité, l'exonération sous 3 kWc s'applique exactement comme dans l'Hexagone : ce sont des règles nationales. Seul le tarif de rachat du surplus est spécifique aux DROM (arrêté ZNI du 5 janvier 2024).
Questions fréquentes
Avec un kit plug-and-play, dois-je déclarer quelque chose aux impôts ?
Si votre kit fonctionne en autoconsommation sans injection (CACSI), vous ne vendez rien : aucun revenu, donc rien à déclarer. Avec un contrat de vente de surplus ≤ 3 kWc, le revenu est exonéré mais doit être reporté en revenu exonéré sur le formulaire 2042-C-PRO.
La revente de surplus d'un petit kit est-elle imposable aux Antilles ?
Non, tant que la puissance totale de l'installation reste ≤ 3 kWc, avec deux points de raccordement au maximum et un usage non professionnel. C'est le cas de la quasi-totalité des kits DIY.
Que se passe-t-il si j'installe plusieurs kits ?
Le seuil de 3 kWc s'apprécie par installation : les puissances de plusieurs installations distinctes ne s'additionnent pas (« il n'est pas fait masse des puissances »). Vous pouvez avoir jusqu'à deux installations exonérées, chacune ≤ 3 kWc. Au-delà, ou si une même installation dépasse 3 kWc, les revenus concernés passent au micro-BIC.
Faut-il s'immatriculer au registre du commerce pour vendre son surplus ?
Non. Pour un particulier sans SIREN, aucune immatriculation n'est requise pour les installations jusqu'à 9 kWc (raccordement en deux points au maximum), ce qui couvre tous les kits DIY.